9. oct., 2019

DOP - DISCRIMINATION D'ORIGINE PROTÉGÉE. Partie 5.

Le millésime 2014 restera dans la mémoire grâce à la création des vins de Bessarabie, marque protégée en Suisse et dans l'Union Européenne. Ces vins sont uniques et exceptionnels car la vraie histoire de la culture du vin de la Bessarabie a commencé en Suisse. En 1819, un vaudois du nom de F.-C. De Laharpe, précepteur et conseiller du Tsar russe Alexandre Ier, a écrit à Sa Majesté une lettre demandant d’accorder des terres pour la culture de la vigne aux vignerons suisses dans le sud de la Bessarabie. En 1820, plusieurs vignerons vaudois décidèrent les bases de ce projet, et en 1821, une personne fut partie pour explorer les lieux vers la mer Noire. En 1822, est parti de Vevey le premier convoi transportant 27 personnes, et par la suite, chaque année de nombreux ressortissants suisses partaient vers la terre promise de Bessarabie.

Nos vins de Bessarabie peuvent être de différents millésimes, origines ou terroirs de l’ancienne province de la Bessarabie, soit de la Moldavie ou l’Ukraine actuelles. Ces vins, importés en fût, ont été assemblés et élevés en Suisse, contrôlés et conditionnés selon les règles suisses et moldaves en matière. L'année 2014 a été la dernière année pour les vins de Moldavie, classés en système régional des zones agricoles Sud, Sud-est, Centre et Nord. En début de 2015, le nouveau système de qualité IGP - Indication d'Origine Protégée, est entré en vigueur. Alors, en 2014, nous avons sélectionné nos vins de base parmis les meilleurs lots, auprès d’un domaine viticole de 350 ha de vignes en biodynamie, qui se trouvent dans le district de Leova. Ces vins de cépages Cabernet-Sauvignon, Merlot, Feteasca Regala, etc., ont émigré comme beaucoup des hommes et femmes, qui ont traversé l’espace pour s’installer et s’intégrer dans une nouvelle société, sans oublier leur origine. Même si ce changement est positif en théorie, beaucoup d’autochtones l’ont mal pris en pratique. C’est la réaction normale de tout le monde au début. Mais, en général, ce changement d'habitudes a été fait pour une meilleure qualité de produit et d'affaires. La qualité du vin dépend d’une multitude de facteurs, de même que la santé d’une personne. Ces facteurs peuvent être contrôlés, et un ingénieur œnologue est compétent et responsable pour garantir ce contrôle de qualité. Évidemment, le consommateur décide à la fin selon ses préférences variables, il sera toujours le roi dans les affaires commerciales. Toutefois, il ne peut voir que superficiellement, ou tenter d’apprécier le vin avec les sens de la vue, l'odorat et le goût. De même, comme un patient croit son médecin, il faut faire confiance à un spécialiste reconnu par des universités ou écoles supérieures professionnelles, car pour comprendre le vin, il faut comprendre en profondeur la chimie et les mathématiques, suivre différents programmes d’enseignement supérieur pendant des années et passer les tests et les examens afin de mériter les Diplômes et honneurs. Il faut aussi savoir que les compétences professionnelles obtenues dans les pays de l’UE sont reconnues en Suisse grâce à l’Accord de Libre Echange entre la Suisse et l’Union Européenne.

Idéalement, le mieux c’est quand le consommateur achète le vin directement chez le producteur, mais dans le cas d’un produit étranger, il est presque impossible de connaître son trajet de vie et les conditions que ce dernier a traversés, à part ce qui est indiqué sur l’étiquette et une preuve de dégustation comparative. Aussi, il arrive souvent qu’un vin étiqueté "mis en bouteilles au château", ait son origine loin de cette mention. C’était une raison de plus pour notre projet de vins de Bessarabie, que d’être conditionnés et réalisés en Suisse, sous ma responsabilité et mon contrôle d’origine et de qualité, au plus proche du consommateur. C'est pour cela que je mets mon nom sur l'étiquette. Il me tient à cœur que notre vin ne soit pas discriminé à cause de son statut d'immigré d'origine, ou de différents préjugés politiques ou culturels, au milieu des autochtones ou concurrents, et qu’il puisse vivre dans son pays d’accueil, à l'image de ceux qui travaillent pour ce même pays et qui contribuent à son développement économique.