19. juil., 2019

ÉTOILE DIVINE

Le chiffre 12 est de la même importance que les émotions qu’on ressent quand on se retrouve face à l’arène mise en place par la Confrérie des Vignerons dans le cœur de la ville de Vevey, depuis 1797, une fois par génération. Tout est fait pour l’hommage au métier du vin et de la vigne, aux hommes et femmes qui la labourent dans l’espace et le temps. C’est la manifestation dédiée à la profession, dont la fête la plus grandieuse au monde, se trouve au centre de la vieille Europe. Aucun autre pays du monde considéré de grand producteur de vin, n’a jamais accordé une telle importance au métier qui tien profondément à tout ce qui nous est chère. Et cela se trouve dans la discrète Suisse, dont la surface viticole ne dépasse les 15.000 ha, qui souvent n’est même pas connu comme pays viticole à l’étranger. Toute la gloire est à Dieu.

Cette année 2019, il fait 10 ans que j’ai posé les pieds en Suisse, et 20 ans que j’ai quitté mon pays natal, la Moldavie. Il y a 20 ans, il y a eu la dernière Fête de Vignerons en 1999, et j’étais un jeune ingénieur œnologue qui n’avait aucune idée de l’existence d’un tel évènement d’importance mondiale pour la culture du vin et de la vigne. Fraichement sortie des bancs de l’université (UTM), j’étais convaincu de savoir tout dans le monde du vin. Par coïncidence, cette même année de 1999, je suis émigré vers Portugal pour chercher une meilleure vie, où en 10 ans de travail, 5 ans étaient dédiés au métier du vin en réalisant ma reconnaissance d’œnologue auprès d’une université portugaise (UTAD), et en travaillant dans plusieurs caves de Portugal. Sans aucune obligation ou influence externe, j’avait le sentiment du devoir face aux métier qui me motivait à chercher la réalisation des connaissances assimilés. Quelque chose me poussait dans cette direction, mais la vie pratique m’a montré que mes connaissances n’ont pas d’importance, il fallait faire selon les habitudes locales et pas comme les profs universitaires nous ont appris… Finalement, mes diplômes obtenus avec beaucoup d’efforts et sacrifices ont été quelque chose d'inutile pour les besoin pratiques du pays. Même avec des diplômes reconnus, j’étais vu comme main d’œuvre, les places d’ingénieurs étant limités ou destinés pour les autres. J’ai fini pour changer de métier, comme conducteur des transports publics à Lisbonne, où je gagnais le double que dans les caves, sans être discriminé professionnellement.

Mais, le sentiment de déception ne m’a plus quitté et le cœur me disait de partir. Ainsi en 2009, avec ma petite famille, nous sommes émigrés vers le mieux, en Suisse à Lausanne. A ce moment, je n’avais aucune idée des grandes traditions viticoles vaudoises, en cherchant de m’engager dans les transports publics. Quand, j’ai vu pour la première fois les terrasses du Lavaux, qui d’ailleurs ressemblaient beaucoup à celles du Douro de Portugal, je me suis dit que c’est ici qu’il faut s’arrêter. Plus tard, en 2011, suis tombé sur le livre d’Olivier Grivat, Les Vignerons suisses du Tsar, qui m’a fait réveiller petit à petit les esprits professionnels avec la belle histoire et son lien entre la Suisse et mon pays d’origine. Une histoire d’émigration qui m’a touché en plein cœur, entourée de plusieurs coïncidences incroyables des dattes et d’évènements, qui m’ont orienté comme une étoile divine sur mon parcours d’œnologue indépendant.